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Allers et retours : 150 ans de contournements de la censure par l’édition russe hors frontières

Organisateur(s) :BULAC

Depuis le milieu du XIXe siècle, imprimer hors des frontières est une ruse de l’édition russe pour déjouer la censure. Cette circulation en tous sens des textes interdits à travers les frontières maintient une presse et une création littéraires libres et alimente des circuits parallèles ou clandestins de diffusion de ces publications à l’intérieur de la Russie. Fausses adresses et pseudonymes marquent ces pratiques éditoriales qui retrouvent leur actualité depuis 2022, l’invasion de l’Ukraine s’accompagnant d’une censure acérée. 

L’exposition propose un panorama de ces circulations éditoriales à travers les frontières et de leurs mouvements de balancier historiques, depuis Herzen, en passant par la vague de la dissidence soviétique, jusqu’à leur effervescence contemporaine.

 

Allers et retours : 150 ans de contournements de la censure par l’édition russe hors frontières

Illustration d'A. Manuïlov en couverture de la traduction russe de l'ouvrage de Yasha Klotz, Tamizdat : contraband Russian literature in the Cold War era (2023), publiée à Moscou en 2024 par les éditions Novoe Literaturnoe Obozrenie.

Quand : 17 novembre 2025 > 24 décembre 2025 Où : Rez-de-jardin

La liberté d’expression sous presse : Herzen et sa longue traîne dans l'histoire de la presse russe

Une du numéro en français avec du texte en russe rendant compte des menaces de mort reçues de Russie par Alexandre Herzen. Sous-titre : revue du dévelopement social, littéraire et politique en Russie

Колоколъ | Kolokol [La Cloche], Aleksandr Herzen et Nikolaï Ogarev (rédacteurs en chef), Genève, Imprimerie russe libre – Trübner & Co. Supplément du 15 février 1869. Collections russes de la BULAC, BIULO PER.371.

La presse d’information est la première victime de la censure russe. La Cloche, créée en 1857 par Nikolaï Ogarev et Alexandre Herzen, militants populistes, à Londres puis à Genève jusqu’en 1870, est considérée comme le premier journal russe échappant à la censure.

Herzen y théorise le rôle de l’édition hors-frontières pour contourner la censure et s’adresser, depuis l’étranger, aussi bien à un lectorat russe qu’à l’opinion internationale. La Cloche et la figure de Herzen restent une référence aussi bien pour les mouvements de la dissidence soviétique, qui développent de nombreuses revues pour donner voix aux auteurs interdits en Union soviétique, qu’à l’heure actuelle. 

Une parole libre et ouverte est une chose importante ; sans parole libre, il n'y a pas d'homme libre. Des hommes donnent leur vie à raison pour cette cause, abandonnent leur patrie et sacrifient leurs biens. Seul le faible, le peureux, ou le lâche se cache. « Le silence vaut assentiment » : il exprime sans détour le renoncement, le désespoir, la soumission ou la conscience de l'étau.

Parler ouvertement, c'est un aveu solennel, un passage à l'action.

Il nous semble que le temps est venu où il faut publier en russe hors de Russie.

Alexandre Herzen, discours prononcé pour l'inauguration de la Typgraphie russe libre (1853). Publié dans Десятилетие Вольной русской типографии в Лондоне [Les dix ans de la Typographie russe de Londres], Londres, 1863, p. 1-8.

[Traduction : Benjamin Guichard. Texte original disponible en ligne]

Des revues pour porter la voix de la dissidence en exil

La dissidence des années 1960 nourrit une nouvelle vague d'exilés fuyant la censure. Elle s'accompagne d'une création foisonnante de revues littéraires et artistiques qui se donnent pour ambition de donner une voix aux créations clandestines d'Union soviétique. La figure de Herzen est une référence partagée.

Couverture portant le nom de la revue en toutes lettres au dessus de la reproduction en noir et blanc d'un tableau représentant une figure géante, tête penchée, devant une façade et un arbre sous la neige

Третья волна : литературный, общественно-политический и философский журнал | Tretʹâ volna : literaturnyj, obŝestvenno-političeskij i filosofskij žurnal [Troisième vague : revue littéraire, socio-politique et philosophique], Aleksandr Glezer (rédacteur en chef), Montgeron, Centre culturel russe de Montgeron. N°1, 1976. Collections russes de la BULAC, BIULO PER.20932.

Revue littéraire et artistique et maison d’édition qui cherche à affirmer la singularité des dissidents fraîchement exilés au sein du paysage éditorial russophone hors des frontières de l’URSS. En 1974, son futur rédacteur est rendu célèbre par l'organisation, dans une rue de Moscou, d’une exposition artistique non autorisée, démantelée par la police à l’aide de bulldozers. À partir de 1980, la rédaction déménage à New York puis s’installe en Russie en 1992. Ses activités éditoriale s’arrêtent en 1999.

Couverture de la revue qui porte dans son coin supérieur gauche la lettre "a" en minuscule et la lettre "ia" en majuscule (première et dernière lettre de l'alphabet cyrillique", sous titre en anglaise "Contemporary Russian Art" et "Unofficial Russian Art Review" ; la couverture est illustrée par une vignette d'un tableau d'Erik Bulatov : les lettres du mot Opasno "danger" semblent flotter en trois dimensions au premier plan devant le paysage paisible d'un couple pique-niquant au bort d'un cours d'eau

a-Я - журнал неофициального русского искусства | a- : žurnal neoficia'lnogo russkogo iskusstva [a-Z : revue de l’art russe non-officiel], Alekseï Aleskeev [Aleksandr Sidorov] et Igol Chelkovski (rédacteurs en chef), Élancourt, sans éditeur connu. N°1, 1979. Collections russes de la BULAC, BIULO PER.1822.

Revue d’art bilingue en russe et en anglais, consacrée aux artistes non-conformistes exclus de la scène culturelle soviétique, notamment le courant du Sots-Art qui détourne les slogans du régime soviétique dans la veine du Pop-Art. La couverture est ainsi illustrée par une œuvre d'Erik Bulatov où le mot опасно (danger), dans un lettrage inspiré des slogans de la propagande, encadre une scène paisible.

La rédaction est assurée en binôme depuis la France par Igor Chelkovski et depuis Moscou par Aleksandre Sidorov qui travaille sous pseudonyme. La parution s’arrête en 1986.

 

Porter un discours critique à l'ère du pouvoir poutinien

Couveture de la revue, illustrée par un collage de différentes coupures de presses dont les titres sont déchiffrables. Le logo de la revue est identique à celui du premier numéro, découpant le titre en trois lignes inscrites dans un carré : Sin, Tak puis Sis

Синтаксис : публицистика, критика, полемика | Sintaksis : publicistika, krikita, polemika [Syntaxis : essais, critiques, polémiques], Maria Rozanova (rédactrice en chef), Paris, Première imprimerie ukrainienne de France. N°31, 2001. Collections russes de la BULAC, BIULO PER.20980.

Ultime numéro de la revue publié en 2001, alors que la parution était déjà suspendue depuis le décès d'Avram Terts en 2001. Ce fascicule est édité en réaction aux inquiétudes suscitées par la présidence de Vladimir Poutine. La couverture figure des titres de presse : « Syndrôme tchétchène » ; « Le pays de la guerre » ; « Une campagne militaro-électorale ».

Couverture arborant le titre de la revue sous la forme d'un sigle mettant en avant le chiffre 5, illustration figurant une assiette brisée

5я Волна | 5â vola [5e vague], Maksim Osipov (rédacteur en chef), Amsterdam. N°3, 2023. Collections de la Bibliothèque Tourguenev.

Le titre de cette revue littéraire fondée après 2022 s’inscrit explicitement dans l’histoire de l’émigration russophone : la 1ère vague fuit la révolution de 1917, la 2e l’expansion soviétique après 1945, la 3e est celle de la dissidence et la 4e celle qui suit la chute de l’URSS.

Diffusée sous format papier et électronique, elle reste librement téléchargeable en Russie et en Biélorussie. Ses auteurs, dont une partie réside toujours en Russie, perçoivent des honoraires, grâce au mécénat dont bénéficie la revue.

 

La censure mise en place après l’invasion russe de l’Ukraine de 2022 a forcé les titres de presse indépendants à la fermeture ou à l’exil. L’édition d’ouvrages accompagne l’activité de cette presse qui se développe désormais principalement en ligne (Novaya Gazeta Europe, Meduza et la chaîne de télévision TV Rain)malgré la multiplication des entraves numériques pour empêcher la population de recevoir des informations de l'étranger.

Dès mars 2022, les éditions russophones Sefer Kniga en Israël créent la collection « L'édition libre » qui se revendique ouvertement de Herzen, reprenant pour devise le discours prononcé lors de l'inauguration de la Typographie russe libre en 1853.

Couverture de l'ouvrage qui présente une composition graphique, sur fond noir, de 13 ilôts constitués de détails de cartes topographiques de différentes régions russes

Ekaterina Glikman, Глушь : 13 репортажей из воюющей России | Glušʹ : 13 reportažej iz voûûŝej Rossii [Russie profonde : 13 reportages des tréfonds d’un pays en guerre], Riga, Freedom Letters – Novaïa Gazeta Evropa, 2024. Collections russes de la BULAC

Anthologie de reportages réalisés en Russie, publiés par la rédaction en exil du journal d’information Novaïa Gazeta, fondé en 1993 et suspendu en Russie en avril 2022. Son rédacteur en chef, Dmitri Muratov, a été récompensé en octobre 2021 du prix Nobel de la Paix pour son rôle dans la défense de la liberté d’expression.

Le recueil offre un regard sur la diversité des opinions à l'intérieur du pays, difficilement saisissables de l’étranger, car l’écoute et la censure limitent les échanges.

Couverture illustrée par la juxtaposition d'articles de presse avec des titres sensationnalistes, le titre est composé dans les caractères typographiques utilisés pour la manchette de la Pravda soviétique, suivi du mot russe "Li" imitant le tracé au pinceau de la calligraphie chinoise

Yulia Sergeeva, éd., Правда ли | Pravada li [Est-ce la vérité ?], Milton, Freedom Letters, 2023. Collections russes de la BULAC, BULAC MON 8 65940.

Le volume fait l’analyse de fausses nouvelles diffusées dans la presse russe (« Des missiles russes ont détruit un bunker secret de l’OTAN » ; « Légalisation de la zoophilie en Espagne » ; « La Pologne va constituer un bataillon LGBT » ; « Les mots “maman” et “papa” interdits en Occident »). La couverture joue avec la typographie de l’organe central du parti communiste d’URSS (Pravda, La Vérité) ; elle porte le sous-titre, Organe central du département de fact-checking pour temps de guerre son titre est emprunté à une rubrique du journal Kolokol qui analysait déjà les informations publiées par la presse russe.

Freedom Letters est une maison d’édition créée en 2023 par Gueorgui Uruchadze, journaliste et éditeur qui choisit l’exil en 2023, avant d’être déclaré « agent de l’étranger » par les autorités russes.

Fuir la censure de l’Empire et de la Révolution

Dans le sillage de Herzen, une édition révolutionnaire ou contestataire en exil se développe pour échapper aux renforcements de la censure qui jalonnent le XIXe siècle russe et le pouvoir bolchevique installé après les révolutions de 1917.

Une économie du livre russe à l'étranger se développe à partir de la fin du XIXe siècle, avec l'éclosion d'un réseau d'imprimeries, de bibliothèques et de librairies russes. Au-delà du microcosme des exilés politiques russes, elles desservent une élite intellectuelle qui voyage pour tourisme et affaires en Europe.

Gravure représenant un intérieur d'appartement avec cheminée et miroir, des rayonnages au mur, une grande table à tréteaux au centre de la pièce parquetée. Des hommes et des femmes y lisent des livres et de journaux. Deux femmes ont un chapeau imité de Garibaldi et fument la cigarette, un homme de grande taille à barbe et lunettes, une femme en crinoline, un homme en bottes et pantalons bouffant : tous les types sociaux sont représentés

La bibliothèque russe Tourguenev à Paris en 1883. Gravure de Jules Férat d'après Dick de Lonlay (pseudonyme de Georgess Hardouin), parue dans Le Monde illustrée. Source de l'image numérisée : cliché de la Bibliothèque de la Sorbonne disponible sur la Bibliothèque numérique Nubis.

L'image est commentée en russe à cette adresse.

Manchette de journal en russe, illustré de deux photographies représentant des vitrines de librairies

Русскій книжный магазинъ | La librairie russe, journal publicitaire de la librairie russe Kleidam, sise à Paris et à Nice, 1900. Collections russes de la BULAC, BIULO MEL.8.951(24).

Le texte fait la promotion d'un service de livraison à domicile à Paris et à Nice et présente en une, une liste de publications russes à l'étranger qui inclut un grand nombre de titres politiques révolutionnaires, notamment de Herzen et Ogarev, et d'ouvrages grivois. 

Couverture non figurative, le mot "заветные" (secrets) figure en rouge, de biais dans un cadre noir au centre de la page. Ex-libris manuscrit d'A. O. Oneguine

Anonyme [Aleksandr N. Afanas’ev], Русскiя завѣтныя сказки | Russkìâ zavětnyâ skazki [Contes russes secrets], Valaam, par la prouesse typographique de la confrérie monastique, à l’âge des Ténèbres [Genève, vers 1875]. Collections russes de la BULAC, BIULO OH.VIII.81 (collection Alexandre Onéguine-Otto).

Folkloriste célèbre, Aleksandr Afanasiev publie à partir de 1858 des recueils de contes populaires inspirés du travail des frères Grimm. Leur publication suscite les foudres de la censure religieuse. Cette version posthume regroupe des textes érotiques qui n’avaient pu être publiés.

Dans la tradition de l’édition libertine clandestine, l’ouvrage utilise de fausses adresses comiques (Valaam est un célèbre monastère orthodoxe sur le lac Ladoga) et porte l’avertissement : « Tirage limité à l’attention exclusive des archéologues et des bibliophiles ». 

Le développement d'éditions d'ouvrages sulfureux, poursuivis pour pornographie en Russie, illustre le caractère spéculatif de ce phénomène éditorial.

Couverture de l'ouvrage avec un typographie de style recherchée et des décors floraux de style art nouveau. On lit en français à côté des informations en russe : M. Artzybascheff - "Sanine" - Roman

M. Arcybašev, Санинъ романъ [Sanine – roman], Nice, Imprimerie russe, 1909. Collections russes de la BULAC, SORBO SLAVE 8= 12511 (fonds slave de la Sorbonne).

Scandale littéraire de l'année 1907, dans un contexte de libéralisation de la censure, le roman picaresque Sanin est interdit pour pornographie. Ces éditions étrangères sont destinées à un public de touristes, avides de découvrir un texte sulfureux.

Couverture de l'ouvrage, illustrée par un motif de style égyptien portant la marque des éditions russes "La Vie"

M. Arcybašev, Санинъ [Sanine], Berlin, Stuhr'sche Buchhandlung Verlag, 1908. Collections russes de la BULAC BIULO SS.VIII.14

Couverture de l'ouvrage, illustrée par la gravure d'une scène africaine onirique

Nikolaj S. Gumilëv, Шатеръ : стихи | Šaterʺ : stihi [La tente : poèmes], Revel [Tallinn], Bibliofil, 1921. Collections russes de la BULAC, BIULO MEL.8.1243(17).

Poète à succès avant la révolution, fidèle orthodoxe et monarchiste, N. Gumilëv reste à Petrograd où il est mis au ban. Il parvient à publier sur du papier de récupération, en Crimée au début de l’année 1921 une première édition tronquée de ce récit de voyage en Éthiopie, avant de confier son manuscrit à un tiers pour mise à l’abri. Cette version du texte complet est réalisée en Estonie, alors que l’auteur est arrêté et fusillé à Petrograd en août 1921, dans la vague de répressions qui suit la mutinerie de Kronstadt au mois de mars.

Après la révolution de 1917, la période de la NEP (1921-1929) autorise l'édition privée. Jusqu’à la fin des années 1920, de nombreuses maisons d’éditions russophones d’Europe, dans les pays Baltes et en Allemagne surtout, avec les maisons d'éditions Slovo et Petropolis à Berlin, éditent des textes d’auteurs soviétiques difficiles ou impossibles à publier en Russie. Cette perméabilité des frontières s'interrompt avec l'arrivée au pouvoir de Staline.

La circulation du samizdat et du tamizdat à travers le rideau de fer

De la mort de Staline à la chute de l’URSS, la circulation de textes clandestins prend une dimension importante, soutenue par le développement du mouvement de la dissidence et les phases de dégel et de regel politiques.

Des textes dactylographiés dans le secret des appartements circulent sous le terme de samizdat (mot à mot : auto-édition), nom forgé par dérision du nom des éditions d’État, le Gosizdat. Progressivement, l’exfiltration de ces textes à l’étranger permet d’accroître leur audience auprès d’un lectorat international ou d'alimenter une diffusion clandestine plus large échelle au sein de l’URSS. Elle est couramment désignée par le terme russe tamizdat (de “tam”, là-bas, littéralement « édité ailleurs »).

Photographie de deux ouvrages sous vitrine : le premier à la couverture bleue, porte le titre et un fac-similé de la signature de pasternak ; le deuxième fait la moitié de sa taille et de son épaisseur, couverture crème, portant en couverture les initiales BP en cyrillique

Boris Pasternak, Доктор Живаго [Docteur Jivago]. À gauche, édition originale publiée à Milan, par Feltrinelli en 1957. À droite, édition miniature, publiée par la CIA sous l'adresse fictive Paris, Société d'édition mondiale, 1959. Collections de la BULAC, BIULO PB.III.10675 et BULAC MON 16 14122 (don E. Colle). CC-BY Maxime Ruscio / BULAC

Le premier cas de tamizdat au seuil du dégel politique qui suit la mort de Staline en 1953. Pasternak fait parvenir le manuscrit de son roman à l’éditeur italien Feltrinelli. La publication en russe donne lieu immédiatement à de nombreuses traductions et l’écho suscité est consacré par le Prix Nobel de littérature à l’automne 1958. La CIA réalise une édition de poche, sous l’adresse d’un éditeur fictif parisien, pour en faciliter la contrebande au sein de l’Union soviétique.

Trois éditions du même ouvrage juxtaposée : tailles légèrement différentes et différents traitements graphiques : à gauche, titre et autour inscrit dans un cercle blanc sur fond noir ; au centre titre en lettres de type pochoir, dessin central représentant un cercle rouge inscrit dans un pavé noir ; à droite couverture sur fond bronze, titre inscrit dans des cercles de tonalités rose et indigos inscrits les uns dans les autres ; le titre du troisième ouvrage  inverse l'ordre du mot et de son adjectif

Les trois premières éditions du Premier cercle de Soljentisyne en 1968, hors d'URSS, présentant une légère variation de titre (Le Premier cercle ou Le cercle premier) :

  • В первом кругу | V pervom krugu, Londres, Flegon Press, 1968. Collections russes de la BULAC, BIULO PB.III.9975.

  • В круге первом : роман | V kruge pervom : roman, Paris, YMCA-Press, 1969. Illustration de couverture par Iouri Annenkov. Collections russes de la BULAC, BIULO PB.III.5236.

  • В круге первом : роман | V kruge pervom : roman, New York, Harper Colophon Books, 1969 (1e édition : Harper & Row, 1968). Illustration de couverture par Ismar David. Collections russes de la BULAC : SORBO SLAVE 8= 5933 (fonds slave de la Sorbonne).

CC-BY Maxime Ruscio / BULAC

Couverture de l'ouvrage, illustré par une typographie fantaisie, où les lettres ont des tailles hétérogènes, les lettres O présentées par des grands cercles noirs et surmonte un profil des murs du  Kremlin et de la tour du Sauveur

Nikolaï Arjak [Iouli Daniel], Говорит Москва | Govorit Moskva [Ici Moscou], Washington D.C., Inter-Language Literary Associates, 1966. Illustration de couverture de Nikolaï Safonov. Collections russes de la BULAC, BIULO PB.III.6264.

Le dissident Iouli Daniel publie à l'étranger, sous le pseudonyme de Nikolaï Arjak, plusieurs textes faisant la satire du régime soviétique. Il est démasqué et poursuivi en justice en 1966. Cette édition accompagne l’émoi suscité dans l’opinion internationale par son procès et s’appuie sur la mobilisation de plusieurs réseaux transnationaux de la dissidence : le copyright est confié à l’Institut littéraire, organisation littéraire polonaise anti-communiste basée en France, édité par une association russophone localisée à New York et imprimé à Londres pour une diffusion en Europe.

Couverture de l'ouvrage, non figurative, réalisée avec un lettrage très stylisé, en lettres grasses, de couleurs brunes et vertes

Alexandre Soljenitsyne, Жить не по лжи : сборник материалов, август 1973 - февраль 1974 | Žitʹ ne po lži : sbornik materialov, avgust 1973 - fevralʹ 1974 [Vivre sans mensonge : recueil de documents août 1973-février 1974], Samizdat – Moscou – Paris, YMCA-Press, 1975. Collections russes de la BULAC, BIULO PB.IV.5553.

Éditeur historique de la première émigration russe, YMCA-Press réalise un coup d’éclat avec la publication de L’Archipel du Goulag, préparée en grand secret, en 1974. Ce texte-ci avait été confié à quelques proches par Soljenitsyne, avec consigne de le faire sortir d’URSS et de le faire paraître sans attendre en cas d’arrestation, pour dénoncer la surveillance et les pressions à son encontre. Le scandale international suscité par le texte révélant l'ampleur du système concentrationnaire et l'arrestation de l'auteur contraignent le régime à libérer Soljenitsyne puis à l’expulser.

L’adresse éditoriale choisie par l’éditeur met en scène la transformation d’un texte clandestin moscovite en publication adressée à l’opinion mondiale.

Le nouveau tamizdat contemporain

Couverture de l'édition russe, illustrée par une figure de grande souris rose, et le 4e couverture de l'édition française, portant le macaron "interdit par Poutine" et indiquant que l'auteur a été déclaré "agent de l'étranger" par le ministère de la Justice russe

Ivan Filippov, Мышь | Myš' [La Souris], Tbilisi (Géorgie), Freedom Letters, 2024 ; [Neuchâtel], Éditions Bluema, traduction de Phlilippe Frison, 2025. Collections russes de la BULAC.

Actuellement, un des plus importants succès de librairie de l’édition littéraire russophone hors frontières. L’auteur, journaliste et cinéaste, analyse sur les réseaux sociaux la propagande ordinaire des chaînes Telegram favorables à la guerre. En 2024, I. Filippov a été déclaré « agent de l’étranger ». L'édition francophone résume le récit ainsi « 2020. Une souris contaminée s’échappe de l'Institut de la mortalité fonctionnelle, où l'on met au point un moyen de prolonger la vie de Poutine. Une véritable apocalypse se produit à Moscou : la plupart des habitants de la ville meurent, certains survivent, tandis que les autres se transforment en zombie. Ceux-ci ne voient presque plus rien, mais ils courent vite, ils chassent en foule, ils ont une ouïe très fine et un odorat très développé. Les personnages de l'histoire sont des survivants qui ont été surpris par cette apocalypse dans différents quartiers de Moscou. Ils ne se connaissent pas, mais se dirigent tous vers l'endroit où il est encore possible de s'échapper. »

Avec l’invasion de l’Ukraine à grande échelle en février 2022, une véritable censure est établie en Russie. Ainsi, l’emploi du mot « guerre » est banni pour désigner le conflit en cours. Toute critique des actions militaires et toute opinion pacifiste est passible de poursuites pour le discrédit de l’armée russe, allant jusqu'à l'emprisonnement.

Les textes impossibles à publier en Russie sont pris en charge par des éditeurs russophones déjà existants (Librairie Babel à Tel Aviv, Media ISIA Verlag à Leipzig, et d’autres) et de nouvelles maisons d’éditions surgissent (Freedom Letters, Fresh Verlag, Vidim Books, etc.) ; plusieurs éditeurs russes créent des maisons miroirs implantées dans les pays limitrophes.

Ces acteurs élaborent différentes stratégies pour assurer la diffusion de leurs publications en Russie. Volontairement, elles ne sont pas explicitées, pour les protéger.

Couverture de l'ouvrage, non figurative : fond bleu, barré en pleine largeur des trois lignes du titres en grosses lettres noires

Elena Kostioutchenko, Моя любимая страна | Moâ lûbimaâ strana [Mon pays bien-aimé], Riga, Meduza, 2023. Collections russes de la BULAC.

Journaliste à Novaïa Gazeta, l’auteur dresse ici le portrait des marginaux de la société russe et choisit de couvrir le conflit en Ukraine en dépit de la censure et au prix de l'exil.

Les éditions Meduza appartiennent au portail d’actualité et à l’application homonymes, où certaines publications interdites en Russie sont librement accessibles. L'exemplaire présenté n’a pas conservé la jaquette étroite qui recouvrait le mot « bien-aimée » avec des astérisques, symbole de la gêne de l’auteur à éprouver de l’affection pour son pays natal.

Page de titre de l'ouvrage : titre et sous-titre en caractères typographiques à empattement, logo de l'éditeur et adresse Tel Aviv

Irina Golovinskaïa, dir., Понятые и свидетели : Хроники военного времени | Ponâtye i svideteli : Hroniki vennogo vremeni [Observateurs et témoins : chroniques de guerre], Tel-Aviv, Éditions de la librairie "Babel”, 2022. Collections russes de la BULAC.

Ce recueil rassemble les réactions très émotionnelles de poètes, souvent publiées à chaud, sur les réseaux sociaux. Il illustre le développement important d’une poésie militante contre la guerre. L’activité éditoriale de la librairie indépendante Babel à Tel-Aviv s’est développée considérablement depuis 2022 et s’attache à la publication de littérature contemporaine.

« Mais que fait le peuple russe ? » – se demandent les observateurs. 

La répression politique a pour but principal de casser la cohésion sociale. Ceux qui ont le courage d’exprimer leur opposition au pouvoir sont emprisonnés. Leurs allocutions lors des procès sont publiées dans des recueils. 

Les publications hors censure décrivent des formes insoupçonnables de la résistance. Le port du drapeau jaune et bleu ukrainien est interdit. Alors, le mélange de ces couleurs dans une bande verte dans les cheveux d’une citadine peut montrer le soutien à l’Ukraine. Les astérisques *** ***** symbolisent le slogan « нет войне » – « non à la guerre ». Devinerez-vous le sens des chiffres 35 peints au sol avec un pigment vert dans une ville russe ?

Incontestablement, l’histoire du tamizdat actuel sera étudiée au même titre que les pratiques de la période soviétique.

Couverture de l'ouvrage, illsutrée par un dessin en couleur marchand de dos, main dans la main dans un champ de blé sous le soleil, suivis par la gauche par un soldat en uniforme tandis qu'un incendie gagne le champ par la gauche

Vladimir Zvonovski, Aleksandr Khodykin, Российское общественное мнение в условиях военного конфликта : 2022-2023 | Rossijskoe obŝestvennoe mnenie v usloviâh voennogo konflikta : 2022-2023 [L'opinion publique russe dans un contexte de conflit armé : 2022-2023], Chişinău, Historical Expertise, 2024. Collections russes de la BULAC.

Cette étude des réactions de l’opinion publique russe à l’invasion de l'Ukraine à grande échelle était destinée à une publication sur le territoire russe, le titre évitant le terme de « guerre » interdit par la censure. Une loi sur la diffamation de l’armée a rendu sa parution impossible au sein du pays ; le texte a donc été confié à un éditeur russophone de Moldavie.

Page de titre de l'ouvrage ; le nom de l'auteur est remplacé par 3 et 5 astérisques

**** *******, У фашистов мало краски | U fašistov malo kraski [Les fascistes manquent de peinture], Gorki, Freedom Letters, 2023. Collections russes de la BULAC.

Une étude pionnière sur la sociologie des oppositions intérieures au pouvoir politique russe. Elle est publiée sous couvert de l'anonymat, le prénom et le nom de l'auteur étant remplacés par des astérisques qui comportent le même nombre de lettres que le slogan russe Нет войне [Non à la guerre].

L'ouvrage est également publié sous une fausse adresse éditoriale, Gorki. Elle renvoie au nom soviétique de la ville de Nijni-Novgorod, lieu de relégation de deux figures majeures de la dissidence  soviétique, Andreï Sakharov et Elena Bonner.

Le livre est interdit sur le territoire russe depuis le 6 novembre 2025.

Faire l'histoire du tamizdat soviétique à l'heure du tamizdat poutinien

Page de titre : le lettrage du titre est composé en lettres zoomorphes (formes rebondies, yeux figurant les ajours), le centre de la page comporte un texte en lettres capitales dans un cadre vert

Abraham Terz [André Siniavski], traduction anglaise d’Ainsly Morse et Kevin Reese, ПХЕНЦ [PKHENTZ], New York, Tamizdat Project, 2024. Prêt de la Bibliothèque russe Tourgueniev

Réédition d’un célèbre texte publiée clandestinement à l'époque du Dégel par André Siniavski, sous le pseudonyme d'Abraham Terz. Le récit fantastique paraît en 1966, au lendemain du procès des écrivains André Siniavski et Iouli Daniel poursuivis pour leurs publications sous pseudonyme à l'étranger, événement souvent considéré comme la date de naissance du mouvement de la dissidence soviétique. 

La publication actuelle est réalisée à l'initiative de l’historien du tamizdat Yakov Klotz, responsable de la fondation Tamizdat Project. Cette organisation étant déclarée comme « agent de l’étranger » en Russie, la page de titre figure un autocollant tourne en dérision la formule policière qui stigmatise les publications de l'opposition. Elle met en garde le lecteur contre le principal protagoniste du récit, un extra-terrestre « Cette publication est réalisée et/ou diffusée par l'agent de l'étranger Andreï Kazimirovitch Souchinski ou bien concerne l'activité de l'agent de l'étranger Andreï Kazimirovitch Souchinski. Pkhentz! »

Allers et retours : 150 ans de contournements de la censure par l’édition russe hors frontières

Illustration d'A. Manuïlov en couverture de la traduction russe de l'ouvrage de Yasha Klotz, Tamizdat : contraband Russian literature in the Cold War era (2023), publiée à Moscou en 2024 par les éditions Novoe Literaturnoe Obozrenie. Collections de la BULAC.

Les panneaux indicateurs sur la borne frontalière indiquent les principaux centres de l'édition en tamizdat (Francfort, Paris, New-York, Ann Arbor) et leur distance avec la Russie.

[Internet] a porté à la censure, et par la même occasion au tamizdat comme pratique et institution de la guerre froide, un coup encore plus fatal que n’importe quelles transformations politiques. Du moins c’est ce qu’il semblait jusqu’à présent… 

P.S. : ce livre a été écrit en 2021 alors que le tamizdat semblait appartenir à l’histoire.

Épilogue de l'édition russe de l'étude de Yasha Klotz, Тамиздат : контрабандная русская литература в эпоху холодной войны [Tamizdat : la littérature russe de contrebande à l'époque de la guerre froise], Moscou, Novoe Literaturnoe Obozrenie, 2024

[Traduction : Benjamin Guichard]

Une exposition à l'occasion des 150 ans de la Bibliothèque Tourguenev

Il y a un siècle et demi, Ivan Sergueïevitch Tourguenev a réussi une brillante campagne de financement participatif en organisant des concerts au profit d’une salle de lecture fondée par des étudiantes en médecine venues de l’Empire russe. C’est ainsi qu’en 1875 naquit à Paris la Bibliothèque russe Tourguenev – un centre de rassemblement pour la diaspora russophone.

Depuis 2022, plus de 100 événements ont enrichi le programme culturel de la Bibliothèque Tourguenev. Ses collections comptent aujourd’hui plus de 45 000 ouvrages. Elle poursuit son développement en acquérant de la littérature en langue russe libre de censure – le « nouveau tamizdat » – ainsi que les nouveautés du marché éditorial russophone, tant pour adultes que pour enfants.

Fondée par de jeunes étudiantes comme un simple échange de livres, la Bibliothèque Tourguenev est devenue, grâce à l’appui de la société civile, un établissement culturel sans pareil. Parmi ses lecteurs figuraient Ivan Bounine (Prix Nobel de littérature 1933), Marc Aldanov, Mikhaïl Ossorguine, Dimitri Merejkovski, Roman Goul, Nina Berberova… En 1940, 100 000 volumes furent saisis par l’armée allemande d’occupation. Mais la bibliothèque retrouva une nouvelle vie et, depuis 1961, elle rouvre ses portes aux lecteurs.

Dans les moments difficiles de l’histoire, la Bibliothèque Tourguenev poursuit sa mission de soutien et de rassemblement de la communauté culturelle russophone en dehors de la Russie. Vous aimez lire, mais vous manquez d’espace ou de moyens pour acheter des livres ? Les emprunter à la bibliothèque est une solution idéale.

Livres en exil - Écrire et publier pour résister

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Une sélection de livres indésirables en Russie

К 60-летию Всеобщей Декларации прав человека | K 60-letiû Vseobŝej Deklaracii prav čeloveka

Description К 60-летию Всеобщей Декларации прав человека: материалы конференции неправительственных организаций, 10 декабря 2008 г.K 60-letiû Vseobŝej Deklaracii prav čeloveka: materialy konferencii nepravitelʹstvennyh organizacij, 10 dekabrâ 2008 g. Publication: Москва: Мемориал, 2009; Moskva: Memorial, 2009Description: 1 vol. (95 p.); 22 cm...

Рукопожатие кирпича и другие свидетельства о девяностых | Rukopožatie kirpiča i drugie svidetelʹstva o devânostyh

Description Рукопожатие кирпича и другие свидетельства о девяностых: сборникRukopožatie kirpiča i drugie svidetelʹstva o devânostyh: sbornik Publication: Санкт-Петербург: Symposium, 2020; Sankt-Peterburg: Symposium, 2020Description: 1 vol. (750 p.-[16] p. de pl.); ill.; 21 cm Available items: BULAC (1): 14RU 823.15 RUKСанкт-Петербург |...
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Écrire contre la guerre. Linor Goralik et la revue ROAR
26 juin 2024 – 19:00 > 21:00

Dans le cycle New tamizdat, la Bibliothèque Tourguenev et la BULAC reçoivent Linor Goralik, fondatrice de ROAR et écrivaine, autrice de Du nom d’un tel (Имени такого-то), de la série de livres « Vénissana » et « Trente-quatre récits très...

Théâtre, censure et propagande : la dramaturgie russophone en temps de guerre
21 mai 2024 – 18:30 > 20:30

Театр, цензура и пропаганда : русскоязычная драматургия во время войны

Débats et lectures de pièces russophones contemporaines.

Дебаты и чтение современных русскоязычных пьес.

 

Mots de guerre et guerre des mots : comment la guerre a-t-elle changé la langue ?
16 février 2024 – 19:00 > 21:00

La Bibliothèque russe Tourguenev, en collaboration avec la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC), présente l’intervention de Ksenia Turkova, docteure en philologie et membre du conseil d'experts du concours Le mot de l'année.

 Avant / Après : les poètes de langue russe contre la guerre
28 février 2023 – 18:00 > 20:00

До и после: русскоязычные поэты против войны


Un an après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, huit poètes russophones, ukrainiens et russes, se rassemblent pour lire, en version originale, les œuvres qu'ils ont écrites durant cette année.


Восемь поэтов,...

Liberté d'expression et défense des droits de l'Homme en Russie

La question de libertés publiques en Russie est l'objet d'une double actualité, 30 ans après la chute de l'URSS. L'ONG Memorial, principale association de défense des droits de l'Homme, fondée en 1989, fait l'objet de poursuites judiciaires qui ont conduit...

Pour aller plus loin

  • À lire sur le Carreau de la BULAC : Aglaé Achechova et Benjamin Guichard, « Samizdat et tamizdat : quand une énigme de catalogage éclaire les circuits clandestins de la dissidence soviétique », Le Carreau de la BULAC, 24 aout 2018 [En ligne].
Le « nouveau tamizdat » contre la censure et la guerre : l’effervescence de l’édition russophone hors frontières depuis le 24 février 2022

Au sein d'un numéro spécial de la revue Connexe : Les espaces post-soviétiques en question(s), consacré au « champ éditorial, creuset de transformations politiques post-soviétique et post-yougoslaves », Aglaé Achechova rend compte des contournements et mises...

Salon du livre russe hors-frontière BazarOff
5 décembre 2025 > 6 décembre 2025

Pour fêter les 150 ans de la Bibliothèque russe Tourguenev, lBULAC accueille les 5 et 6 décembre 2025 le salon du livre BazarOff qui rassemble le monde du livre russophone hors des frontières de la Russie.


Ce festival au format unique...

« Je n'abandonnerai pas la langue russe à Poutine »

Interview d'Aglaé Achechova, chargée de collections pour le domaine russe de la BULAC et trésorière de la Bibliothèque russe Tourguenev à Paris.

Velikoknâžeskaâ i carskaâ ohota na Rusi

La langue russe comptait en 2017 plus de 250 millions de locuteurs dans le monde. Le domaine russe de la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC) offre aux slavisants un ensemble documentaire de référence. Le fonds russe de la BULAC...

Nos intervenants

Aglaé Achechova
Agent BULAC

Chargée de collections pour le domaine russe, auparavant conservatrice à la bibliothèque du Musée littéraire A. S. Pouchkine de Saint-Pétersbourg.

Benjamin Guichard
Benjamin Guichard

Benjamin Guichard est conservateur en chef des bibliothèques, directeur scientifique de la BULAC depuis 2015.