Concert de Moh! Kouyaté

Organisateur(s) :BULAC

Cet événement s'inscrit dans le cadre du partenariat de la BULAC avec les 4e Rencontres des Études Africaines en France.

Concert de Moh! Kouyaté

Concert de Moh! Kouyaté

Quand : 6 juillet 2016 – 19h00 Où : Autre lieu

Vous l’avez peut être déjà vu sur scène aux États-Unis, en Angleterre, en Australie, en Hongrie ou à Paris. Dégaine soignée, chapeau incliné sur le côté, une présence solaire mais surtout un jeu de guitare époustouflant, à mi-chemin entre la tradition mandingue, le blues, le jazz et le rock. Avant de présenter son premier album, Loundo, Moh! Kouyaté a déjà une longue carrière derrière lui... D’abord, en Guinée, formé à l’école traditionnelle par ses parents et ses oncles, tous impliqués dans la vie musicale de Conakry. Chez les Kouyaté, dynastie de griots depuis le XIIIe siècle, l’apprentissage de la musique, c’est sacré ! Son père l’encourage et lui montre ses premiers accords, sa grand-mère lui achète une guitare artisanale au marché. Il se forge une oreille en écoutant les grands classiques de l’authenticité guinéenne : le Bembeya Jazz et son lumineux guitariste Sékou « Diamond Fingers » Bembeya, le Syli Authentique, Kouyaté Sory Kandia ou encore Ousmane Kouyaté, le guitariste de Salif Keita. Les progrès de Moh! sont fulgurants. En quelques années, il se fait repérer par les meilleurs guitaristes de Guinée qui voient en lui la relève. L’un d’eux, Amadou Diallo, lui fait découvrir l’album Tenderly de George Benson. C’est un choc ! Et le point de départ d’un appétit insatiable pour de nouveaux styles de jeu : Django Reinhardt, Santana, BB King, Ben Harper, Jimi Hendrix... La nuit, Moh! anime les soirées de la capitale guinéenne avec son groupe Conakry Cocktail, il invente un son guinéen moderne, influencé par le travail de Joe Zawinul. En 2004, il rencontre le bluesman Corey Harris, invité par l’ambassade américaine pour un concert. Fasciné par l’Afrique de l’ouest, Corey Harris a déjà sillonné le Mali avec Martin Scorsese et Ali Farka Touré pour le filmdu Mali au Mississipi .

Avec Moh!, l’entente est immédiate et l’année suivante, il lui propose de l’accompagner en tournée. Pendant trois mois, en tour bus, Moh! fait l’expérience du gigantisme américain. Et alors que les sources du blues puisent dans la terre ouest-africaine, Moh! en découvre les affluents : le delta du Mississipi et ses guitaristes géniaux, si proches cousins d’Amérique. En 2007, il pose ses valises en France et découvre la scène afro-jazz de Paris. Très vite, Moh! se fait un prénom dans le milieu. Il multiplie les rencontres humaines et artistiques et retrouve de talentueux compagnons de route (Ba Cissoko, Fatoumata Diawara). En quartet, il commence à tourner dans les cafés et les salles parisiennes, puis en Europe. En parallèle de ses nombreux projets, il compose son premier album, Loundo (« un jour »), véritable somme de toutes ses expériences. On y entend la générosité et la richesse de vingt années de carrière entre L’Afrique, les Etats-Unis et l’Europe. Des rencontres magiques, comme celle, en Italie, avec Piers
Faccini, invité avec Vincent Ségal sur le délicat Gassata. Un groove ultra-dansant, digne d’un Mory Kanté, comme sur T’en vas pas , un morceau composé pour un couple d’amis en crise et playlisté par Radio Nova, RFI ou Africa N°1. Bien souvent, Moh! Kouyaté conserve un pied dans la tradition, l’autre dans les musiques actuelles. Mandingue et afro-beat se tutoient par exemple sur Yarré ou sur le très funk Yéllé . En soussou, malinké, djahanké, pular ou français, il chante le bonheur, les drames de la vie, la difficulté de l’exil, l’instabilité du quotidien en Guinée et l’élan vital, l’espoir, celui qui permet d’avancer en toutes circonstances. Dans Loundo, « un jour », une balade aux accents rock, Moh! incite à la persévérance et à la patience : lorsqu’on y met du sien, tout peut arriver. Ce jour tant attendu a sonné et c’est celui de Moh! Kouyaté !

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Au Théâtre 13 (30 rue du Chevaleret - en face de l’Inalco).

4e Rencontres des Études Africaines en France
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Le mois de mai 2016 marque l’ouverture du Mois des Cultures d’Afrique dans le Grand Paris. L’Afrique est la jeunesse du monde. Avec son milliard d’habitants dans un contexte d’émergence économique, elle occupe une place de choix dans les enjeux stratégiques de la France. Depuis plusieurs siècles, ce continent riche d’une diversité culturelle extraordinaire est liée à notre pays par l’histoire et la présence de ses ressortissants sur l’ensemble du territoire. Ces graines parties d’Afrique ont donné naissance à « une culture Monde » et participé au rayonnement de la France. Le Mois des Cultures d’Afrique est « ce socle », qui permet de découvrir, redécouvrir et célébrer ces richesses culturelles artistiques issues de l’Afrique avec pour fondation incontournable, la Musique. Véritable fabrique de citoyenneté le Mois des Cultures d’Afrique participe à l’idée du vivre ensemble pour un avenir commun.

Manu Dibango

Sélection bibliographique « Diaspora d'Afrique »
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Présentation

Cette sélection a été établie, et présentée ci-dessous, par Marine Defosse, chargée de collections pour le domaine « Afrique », à l'occasion de la première édition du Mois des Cultures d'Afrique ; la thématique des diasporas d'Afrique étant le fil rouge des rencontres au sein du Forum des Cultures d'Afrique.

Tirée du catalogue de la BULAC, cette sélection d'ouvrages et de revues entend donner des pistes de lecture sur le thème des diasporas africaines. C’est un sujet aux diverses facettes et aux multiples réalités, en raison du grand nombre de pays d’Afrique, de la multitude des communautés, mais aussi de la variété des conditions historiques, économiques ou politiques qui ont conduit ces populations à la mobilité au sein et à l’extérieur du continent.

En guise d’introduction, les 3 volumes de l’Encyclopedia of the African Diaspora : Origins, Experiences, and Culture, dirigés par Carol Boyce Davies et dotés de plus de 500 entrées, traitent de l’histoire globale de ces diasporas sur cinq siècles, à travers tous les continents.

Des revues scientifiques ont édité de nombreuses recherches sur la question. La revue internationale African Diaspora est entièrement consacrée aux mouvements migratoires de, vers et en Afrique et s’attarde sur les aspects culturel et sociétal de ces diasporas plurielles. D’autres ressources africanistes de référence ont dédié des numéros spéciaux aux diasporas, tels les Cahiers d’Études africaines qui, dans le n°213-214 (2014) intitulé Les mots de la migration, confrontent des approches politique, anthropologique, sociologique, littéraire et artistique sur le sujet.

Des journaux grand public ont aussi publié des dossiers thématiques. Africultures dans son numéro 72 (janvier 2008), Diaspora : identité plurielle, pose d’emblée la question de la difficile définition d’une « identité noire », dispersée sur une cartographie mondiale éclatée et loin de constituer une entité homogène. La revue XXI, quant à elle, a choisi de suivre la vie de ces exilés africains dans la France d’aujourd’hui, dans son numéro 8 (automne 2009) Bleu, blanc, noir : Quand des Africains prennent racine en France.

L’ouverture de nouvelles routes commerciales dès le XVe siècle et la traite négrière transatlantique vers le Nouveau Monde jusqu’au XIXe siècle ont créé des liens étroits entre les États-Unis et le continent africain : il n'est donc pas étonnant de constater que les ouvrages américains foisonnent sur le sujet. L'étude de ces migrations historiques contraintes semble indissociable, par ailleurs, de la question de l'esclavage : au sein d'une documentation très riche, citons l’ouvrage de référence de Paul GilroyThe Black Atlantic : Modernity and Double Consciousness.

À côté des documents historiographiques portant sur les origines et les sources de ces diasporas, les recherches plus récentes analysent les formes nouvelles des migrations contemporaines. Les livres New African Diasporas de Khalid Koser (2003), The New African diaspora in North America de Kwado Konadu-Agyemang (2006), The new African diaspora d'Isidore Okpewho (2009), et The Homeland Is the Arena : religion, transnationalism, and the integration of Senegalese immigrants in America d'Ousmane Kane (2011) décryptent les transformations migratoires, l'évolution des catégories de migrants et de leurs motivations, les conditions de leurs déplacements.

Les documents sur l'histoire de ces minorités en Europe sont tout aussi nombreux. La plus grande proximité géographique des pays, le développement du commerce, mais surtout les périodes de colonisation, puis des indépendances ont favorisé des relations particulières entre les pays européens et les pays d'Afrique. Les articles regroupés dans l'ouvrage collectif intitulé Les Africains et leurs descendants en Europe avant le XXe siècle abordent la dimension historique et ancienne de la présence africaine sur le sol européen et reviennent sur les idées reçues d'une migration récente. Dans un style plus journalistique, Serge Daniel raconte le quotidien de ces migrants sur le chemin du départ dans son récit Les routes clandestines : l'Afrique des immigrés et des passeurs.

Concernant le cas de la France, deux ouvrages constituent de bonnes synthèses en la matière. La France noire, dirigé par Pascal Blanchard, historien spécialiste du fait colonial, explore trois siècles de présence noire en France. Le livre de Marc TardieuLes Africains en France : de 1914 à nos jours, présente les différentes communautés africaines en France, des tirailleurs sénégalais aux élites, en passant par une émigration plus populaire. Ces différentes catégories de migrants ont d'ailleurs fait l'objet de nombreuses publications, portant soit sur les intellectuels africains, les exilés politiques, les étudiants ou encore la main d'œuvre des travailleurs tant recherchés par la France sous la Ve République. Les études sur les « minorités » ont aussi constitué un centre d'intérêt particulier, comme le montrent l'ouvrage de Wilfrid Bertile Une communauté invisible : 175 000 Réunionnais en France ou celui de Fabienne Le Houérou Les Comoriens de Marseille.

Mouvements transnationaux. Mais cette migration ne s'est pas seulement faite en dehors du continent. Les mouvements transnationaux, les déplacements internes sur le sol africain sont tout aussi importants, comme en témoignent les deux volumes dirigés par Catherine Coquery-VidrovitchÊtre étranger et migrant en Afrique au XXe siècle. Souvent liés aux conditions économiques (pression foncière, changements climatiques), ils peuvent aussi être une des conséquences des crises politiques (régime dictatorial, guerres civiles). De fait, les études régionales sont nombreuses. Pour ne citer que quelques exemples, le vaste conflit régional et les crises humanitaires successives en Afrique centrale ont suscité l'intérêt des chercheurs quant à l'épineux problème des déplacés et réfugiés. Sur la Corne de l'Afrique, la documentation se fait l'écho des migrations transfrontalières entre le Soudan, la Somalie, l'Érythrée et l'Éthiopie jusqu'en Égypte. En Afrique australe, l'Afrique du Sud, depuis la fin de l'apartheid et la démocratisation du régime politique, attire les zimbabwéens et les mozambicains voisins, malgré la dureté de sa législation en matière d'immigration.

Les champs artistique et littéraire ont rendu visibles toutes ces communautés au travers de leurs histoires singulières. Elizabeth Harney, dans son livre Ethiopian Passages: Contemporary Art from the Diaspora, montre combien les artistes africains de la diaspora ont contribué à la créativité de l'art contemporain.

En littérature, la production est particulièrement abondante, en raison de la diversité des genres et de la multitude des auteurs. Sur le théâtre, les livres African theatre: diasporas de Christine Matzke et Osita Okagbue et Africana women writers de Marzette DeLindales abordent les spécificités des textes, du jeu et des performances issues de ce théâtre né des diasporas africaines. En France, une nouvelle littérature africaine de langue française a émergé dans les années 1980 et 1990 sous l'influence de jeunes auteurs africains. Abdourahman A. Waberi s'inclue d'ailleurs dans cette nouvelle génération, dénommant ces écrivains les « enfants de la postcolonie ».

L'ouvrage d'Odile Cazenave Afrique sur Seine : une nouvelle génération de romanciers africains à Paris analyse ce nouveau courant littéraire, au travers duquel la question du retour au pays natal est moins présente. Dans les ouvrages de Calixthe BeyalaLe petit prince de Belleville, Sami TchakPlace des fêtes, Alain MabanckouBleu, blanc, rouge, Daniel BiyaoulaL'impasse, ou encore Fatou DiomeLe ventre de l'Atlantique, pointent les notions de migration, d'arrivée dans le nouveau pays, et d'intégration. La quête de l'identité est aussi très présente chez de jeunes auteurs de talent issus de l'Afrique anglophone, tels Chimamanda Ngozi AdichieAmericanah, ou Nii Ayikwei ParkesNotre quelque part.

Témoignages. Enfin, les récits personnels apportent une autre vision de la réalité. Loin des travaux universitaires de sociologues, le recueil de Manuel Charpy et Souley HassaneLettres d'émigrés : Africains d'ici et d'ailleurs, 1960-1995, plonge dans la parole brute et sans fard des migrants, face à la multiplicité des parcours vécus. Omar Ba, quant à lui, dénonce le mythe de l'eldorado européen dans Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus et s'écarte des discours politiques et institutionnels.

Visuel
Visuel du MOCA 2016

MOCA (Mois des cultures d'Afrique)

Nos intervenants

Moh! Kouyaté
PICTO intervenant extérieur

Moh! Kouyaté, né le 21 avril 1977 à Conakry, est un chanteur et guitariste guinéen installé à Paris. Ses compositions dressent un pont entre les sources mandingues et les inspirations contemporaines du blues, du jazz ou de la pop.

Marine Defosse
Agent BULAC

Responsable adjointe du pôle Développement des collections, chef de l'équipe AMOMAC et chargée de collections pour le domaine Afrique