Écritures japonaises : concevoir des caractères typographiques

Organisateur(s) :BULAC, Inalco

Histoire, origines et développements

Affiche japonaise - Ryuichi Yamashiro, 1955

Ryuichi Yamashiro, 1955. Photo : Museum für Gestaltung Zürich, Poster Collection, ZHdK

Quand : 26 octobre – 24 décembre 2021 Où : Rez-de-chaussée, Auditorium du Pôle des langues et civilisations, Galerie du Pôle des langues et civilisations
Estampille 10e anniversaire du Pôle des langues et civilisations
Texte

Pour célébrer leur 10e anniversaire au sein du Pôle des langues et civilisations, la BULAC et l'Inalco ouvriront les festivités par une exposition et deux journées d'étude, à la thématique inédite en France, explorant l'écriture japonaise.

  • Commissariat de l'exposition : André Baldinger
  • Commissariat scientifique des journées d'étude : André Baldinger et Émilie Rigaud
Keinosuke Sato, «Nihonji Design», 1959

Keinosuke Sato, «Nihonji Design», 1959

Groupe Typo, caractère «TYPOS», 1968

Groupe Typo, caractère «TYPOS», 1968

L’exposition, du 26 octobre au 24 décembre 2021

La langue et l’écriture font partie des éléments les plus distinctifs de chaque culture. Leurs transformations, développements et adaptations racontent nos origines et notre héritage historique.

Chaque système graphique possède sa logique et son répertoire formel propres. Le système d’écriture japonais repose sur la combinaison de trois scripts – kanji, hiragana et katakana – auxquels peuvent s’ajouter ponctuellement les romaji. Si les kanji sont issus de l’écriture chinoise, les syllabaires hiragana et katakana sont une création locale, tandis que les romaji sont les caractères latins. Les kanji servent essentiellement à noter les mots « pleins », c’est-à-dire les noms, les verbes ou les qualificatifs ; les hiragana, à transcrire les éléments grammaticaux ou les termes proprement japonais ; les katakana, les vocables d’origine occidentale, et les romaji, d’usage plus restreint, les sigles ou abréviations.

Aujourd’hui, le japonais s’écrit verticalement, de droite à gauche,ou horizontalement, de gauche à droite. Ce caractère composite et plastique de l’écriture japonaise représente un défi pour la typographie, tout en ouvrant un espace créatif dont le design japonais s’est emparé avec une inventivité sans cesse renouvelée.

Via son projet BLine japonais-latin* de création d’un nouveau jeu de caractères pour une composition à l’horizontale et bilingue, André Baldinger entend questionner les principes et l’esthétique du répertoire formel japonais. C’est pour lui l’occasion de conduire une réflexion sur l’héritage culturel national, les possibilités offertes par les nouveaux outils de création de caractères, et les changements des habitudes de lecture et de supports.

L’exposition explore l’univers de ces deux écritures, latine et japonaise, en présentant différentes étapes du travail de l’artiste, ainsi qu'une riche collection d’ouvrages et d’affiches des années 1950 à nos jours. Cet ensemble offre au visiteur une véritable plongée dans l’univers de la création typographique et graphique japonaise de ces dernières décennies.

*Ce projet artistique a bénéficié du soutien du CNAP et d’une résidence de recherche à la Villa Kujoyama à Kyoto (JP). Une première exposition de restitution de la recherche a été présentée début 2020, dans le cadre du programme SUITE (Cnap – ADAGP) au centre d’art La Fenêtre à Montpellier.

  • Galerie du Pôle des langues et civilisations et salle de lecture de la BULAC (rez-de-chaussée)
  • Vernissage le 27 octobre, sur invitation

Visites guidées de l'exposition

Texte

Prochaines visites guidées en compagnie du commissaire de l'exposition, André Baldinger, le mercredi 24 novembre à 17h30 et le mercredi 15 décembre à 17h30.

De toutes les écritures, le japonais est l’une des plus complexes et, au premier abord, l’une des plus énigmatiques

André Baldinger, commissaire de l’exposition, designer graphique et créateur de caractères  

Affiche japonaise - Yusaku Kamekura, 1964

Yusaku Kamekura, 1964. Photo : Museum für Gestaltung Zürich, Poster Collection, ZHdK

Koichi Satō,1989

Koichi Satō,1989. Photo : Museum für Gestaltung Zürich, Poster Collection, ZHdK

Les journées d’étude, mercredi 27 et jeudi 28 octobre 2021

La typographie à l’aide de caractères mobiles s’implante au Japon à la fin du XIXe siècle, soutenue par le développement à une vitesse prodigieuse des grands journaux quotidiens.

Elle prend la place de la xylographie, procédé d’impression où le texte et les images étaient gravés sur une même planche de bois ensuite encrée et mise sous presse. Puis c’est la photocomposition qui arrive, remplaçant les pièces de métal par des plaques de verre, et l’encre épaisse par des flashs de lumière.

Ces changements techniques successifs conjugués à l’évolution des usages de lecture ont eu des répercussions sur les formes des signes japonais.

Quels furent les développements majeurs de la technique typographique au Japon ? Quels liens entretient la typographie avec la calligraphie d’une part et l’image d’autre part ? Comment des designers japonais créent-ils aujourd’hui des caractères et comment des designers étrangers ont-ils pu s’approprier le sujet ?

Les intervenants français, japonais et suisses de cette journée apporteront des éléments de réponse à ces questions encore peu abordées en France.

Programme du 27 octobre :

  • 09h40 Mot d’ouverture
  • 10h00 Matsumura Daisuke
  • 11h00 Blanche Delaborde
  • 11h40 Ajioka Shintaro
  • 14h00 Laïli Dor
  • 14h40 Émilie Rigaud
  • 15h40 André Baldinger
  • 17h00 Vernissage/Cocktail

Programme du 28 octobre :

  • 10h00 Yuki Akari
  • 11h00 Marianne Simon-Oikawa
  • 11h40 Suzuki Hiromitsu
  • 14h00 Iwai Hisashi
  • 14h40 Shinsekai Type Study Group
  • 15h20 Mot de clôture

En proposant un dialogue entre historiens et designers, cette journée d’étude se penche sur les caractères typographiques japonais et le contexte de leur création

Émilie Rigaud, graphiste, dessinatrice de caractères et historienne de la typographie japonaise

Tadanori Yokoo, 1966

Tadanori Yokoo, 1966. Photo : Museum für Gestaltung Zürich, Poster Collection, ZHdK

Ryu Mieno, 2019

Ryu Mieno, 2019

André Baldinger et Émilie Rigaud sont lauréats de la Villa Kujoyama

André Baldinger

André Baldinger étudie la typographie à Zurich, puis la création des caractères à l’ANRT à Paris. En 1995, Il fonde son propre atelier travaillant sur des projets liés au domaine culturel et institutionnel, des scénographies pour le théâtre, des projets tridimensionnels et la création de caractères (Baldinger, BDot, BLine, Eiffel, Eddi, Newut...). Il est lauréat des bourses du Ministère de la Culture, de la Confédération suisse (Prix fédéral de design), du Cnap et d’une résidence à la Villa Kujoyama.

En 2005, la Banque nationale suisse l’invite à participer au concours des nouveaux billets suisses. En 2008 il fonde avec Toan Vu-Huu l’atelier de conception graphique et typographique Baldinger•Vu-Huu. Ses créations et celles de l’atelier sont régulièrement primées (TDC New York et TDC Tokyo, les plus beaux livres Suisses, 100 meilleures affiches D/CH/A...) et se trouvent dans les collections du CNAP, de la BnF, du Design Museum Zurich/CH et du Toyama Museum of Modern Art/JP. Il est cofondateur du laboratoire de recherche l’EnsadLab Type à l’EnsAD (2008-2014) et membre du comité scientifique du colloque «Design graphique, les formes de l’histoire» au Centre Georges Pompidou et à l’EnsAD en 2014. Il fait partie de l’AGI et enseigne à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs/Paris et à la ZhdK à Zurich.

 

En savoir plus :

Émilie Rigaud

Émilie Rigaud mène ses activités autour de la typographie selon trois pôles : design, enseignement et recherche.

Après un master en design graphique à l’ENSAD de Paris, Émilie Rigaud se spécialise en design typographique à l’Université de Reading. La famille de caractères qu’elle y dessine, Coline, reçoit en 2011 le prix du Tôkyô Type Directors’ club et entre dans les collections du CNAP (Centre national d’art plastiques). Elle crée en 2010 la fonderie A is for fonts afin de distribuer ses caractères typographiques et ceux d’autres designers.

Par la suite, elle ajoute à sa formation une spécialisation en culture et langue japonaises lors d’un master à l’Inalco et mène actuellement, à l’IFRAE (Institut Français de Recherche sur l’Asie de l’Est), une thèse sur l’histoire de la typographie japonaise sous la direction d’Emmanuel Lozerand.

Émilie Rigaud est également lauréate 2020 de la Villa Kujoyama pour son projet autour de la cursivité des caractères japonais.

Elle enseigne à l’ANRT (Atelier National de Recherche Typographique) depuis 2013.

 

En savoir plus :

Communiqué de presse et contacts

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Communication et relation presse :

Action culturelle et partenariats :

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Nos intervenants

André Baldinger
PICTO intervenant extérieur

André Baldinger est un artiste-typographe, et le co-créateur, avec Toan Vu-Huu, des identités visuelles coordonnées de la BULAC, de l'Inalco, et du Pôle des langues et civilisations, où cohabitent ces deux établissements, depuis la rentrée universitaire 2011.

Émilie Rigaud
PICTO intervenant extérieur

Émilie Rigaud est graphiste, dessinatrice de caractères et historienne de la typographie japonaise. Actuellement doctorante à l'Inalco, elle prépare une thèse sur l’histoire de la typographie japonaise au XXe siècle.