Publié : 08.11.2021, mis à jour: 09.11.2021 à 08:08

La BULAC vue par Nathalie Carré et Marine Defosse

Depuis 2015, Nathalie Carré et Marine Defosse travaillent en étroite collaboration avec l'objectif commun de familiariser les étudiants en langue et littérature swahili de l'Inalco avec la diversité des collections du domaine Afrique de la BULAC. Les ateliers et rencontres « autour du livre » qu'elles co-organisent leur permettent de découvrir toute la richesse et la profondeur historique de ces collections et d'en tirer le meilleur parti durant leur cursus.

Nathalie Carré et Marine Defosse, devant les collections du domaine Afrique, rez-de-chaussée de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

Nathalie Carré et Marine Defosse, devant les collections du domaine Afrique, rez-de-chaussée de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

Pastille La BULAC vue par... Nathalie Carré (Inalco) et Marine Defosse (BULAC) (2021)
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Entretien croisé

 

CM
Clotilde Monteiro
responsable de la
Communication institutionnelle

NC
Nathalie Carré
Enseignante-chercheuse

MD
Marine Defosse
Conservateur des bibliothèques

Nathalie Carré et Marine Defosse se retrouvent pour une séance de travail en amont de l'atelier « Présentation des collections patrimoniales du domaine Afrique », rez-de-jardin de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

Nathalie Carré et Marine Defosse se retrouvent pour une séance de travail en amont de l'atelier « Présentation des collections patrimoniales du domaine Afrique », rez-de-jardin de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

CMAprès l'ouverture de la BULAC en 2011, vos pratiques ont-elles changé 

NCJ’ai été nommée à mon poste en 2011, au moment de l'ouverture de la BULAC et du nouvel Inalco, les locaux étaient tout neufs, j'ai donc eu beaucoup de chance ! Dans mon souvenir, l’accès aux livres dans la petite bibliothèque rue de Lille était bien plus compliqué, notamment pour les ouvrages anciens. En comparaison, la BULAC me semble un lieu très clair et son agencement donne l’impression d’une grande disponibilité des ouvrages. Les fonds en langues africaines sont incroyablement riches, en swahili, les ressources sont immenses !

MDPour nous, l'ouverture de la bibliothèque sur le nouveau site a été une véritable révolution. La BULAC a donné une visibilité aux collections du domaine Afrique qui jusqu'alors étaient un peu mises en sommeil du fait de l'éloignement entre le lieu où se faisait l'enseignement1 et le lieu où se consultaient les documents2 . Le rassemblement dans le même bâtiment des enseignants-chercheurs, des étudiants et des collections a facilité les choses et le travail mené depuis lors a porté ses fruits. Les collections du domaine Afrique font à présent partie des plus consultées.

 

CM  Ce rassemblement des fonds a t-il rendu accessible un certain nombre d'ouvrages des collections Afrique qui ne l’étaient pas auparavant  ?

MDEn fait, les conditions rue de Lille n’étaient pas adéquates pour consulter des documents patrimoniaux très anciens. À présent, nous disposons d’une réserve dédiée qui offre de bien meilleures conditions pour la consultation de ces documents précieux et, dans les salles de lecture, les lecteurs ont la possibilité d'avoir un accès libre à plus de 10 000 documents sur le domaine Afrique. 

 

  • 1 Une des antennes de l'Inalco, rue Riquet, Paris XIXe.
  • 2 À la bibliothèque inter-universitaire des langues orientales (BIULO), rue de Lille, Paris VIIe.
  • Nathalie Carré est enseignante-chercheuse, maître de conférence en langue et littérature swahili à l’Inalco, depuis 2013, rattachée à l'équipe de recherche du PLIDAM, elle est également directrice du département Afrique et océan Indien. [En savoir plus]
     
  • Marine Defosse est conservateur des bibliothèque à la BULAC, responsable adjointe du pôle Développement des collections, cheffe de l'équipe Afrique, Moyen-Orient, Maghreb, Asie centrale et chargée de collections pour le domaine Afrique et monde berbère. Elle a travaillé à la BIULO à parir de 1997, puis a rejoint la BULAC, dans le cadre de la fusion des équipes BIULO et BULAC, avant l'emménagement rue des Grands Moulins.
Nathalie Carré et Marine Defosse. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

Séance de travail entre Nathalie Carré et Marine Defosse, salle de formation de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

CMComment s'est imposée l’idée d'une première collaboration ? Laquelle de vous deux a sollicité l'autre 

MD Nathalie m'avait sollicitée une première fois, en septembre 2015, pour une présentation « livres en main » au musée du quai Branly, dans le cadre d'une journée d'études sur les littératures en langues africaines. J'avais apporté des livres dans des collections et des langues très diverses pour montrer que la littérature en langues africaines existe bien et qu’elle n'est pas récente. Son ancrage est historique et elle est aujourd'hui particulièrement vivante dans certains pays.

CMQuel était le cadre de cette rencontre au musée du quai Branly ? 

NCIl s’agissait en fait de deux journées que j'organisais à l'Inalco intitulées « Enseigner les littératures en langues minorées », pas seulement dans les langues d'Afrique mais aussi dans les langues dont on peut dire qu’elles ne sont pas en position de force sur le marché de l'édition ou même de l'enseignement. J'avais décentré la soirée « Afrique » au musée du quai Branly, invité Boubacar Boris Diop, Laure Leroy des éditions Zulma, Vivian Quinones de la revue Takam Tikou. J’avais pensé à inviter Marine et trouvais intéressant de faire sortir ces livres de la bibliothèque, car spontanément surgit ce cliché de l'Afrique, continent sans écrit. Évidemment, l'oralité y est très importante, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'écrits, ni de livres. 

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CMComment avez-vous poursuivi cette collaboration entamée au Quai Branly 

NCLors d’une discussion avec Mélanie Bourlet, chargée du cours sur les écritures en langues africaines, et les étudiants, il nous est apparu dommage de ne pas leur permettre de visualiser l'objet dont nous parlions, c’est-à-dire le manuscrit. L’idée a germé d'une visite à la BULAC. Marine a tout de suite accepté. 

CMPour cette visite des collections, quel type d’ouvrages aviez-vous sélectionné ? Comment s’est déroulée la visite ? 

MDJ’avais sorti des documents anciens afin de sensibiliser les étudiants aux collections patrimoniales du domaine Afrique, notamment un manuscrit et des imprimés des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle. C'était une très bonne initiative de la part de Nathalie de proposer un atelier « livres en main » pour permettre aux étudiants de toucher, regarder, tourner les pages, découvrir les spécificités du livre. Ils ont pu découvrir les particularités de ces éditions, mais aussi les particularités liées à l'histoire du livre à travers la présence d'ex-libris, par exemple, ces mentions de propriétés de personnes ayant possédé ces documents avant qu’ils n’entrent dans les collections de la bibliothèque. Les étudiants ont vu des ouvrages dans des langues et dans des écritures variées. Ils ont posé beaucoup de questions, on sentait qu'il y avait une envie de découverte.

« C’était une nouvelle approche, pour eux, de considérer le livre en soi et pas seulement son contenu intellectuel », Marine Defosse.Collections patrimoniales, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

« C’était une nouvelle approche, pour eux, de considérer le livre en soi et pas seulement son contenu intellectuel », Marine Defosse. Collections patrimoniales, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

« Les étudiants ont vu des ouvrages dans des langues et dans des écritures variées. Ils ont énormément posé de questions, on sentait qu'il y avait une envie de découverte », Marine Defosse. Collections patrimoniales, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.

Les étudiants ont découvert que le conservateur avait un regard très particulier sur l'ouvrage, qui n'est pas celui du simple lecteur

Nathalie Carré

Marine Defosse : « Ils ont pu découvrir des ouvrages rares. J’avais choisi des documents avec des reliures un peu particulières, de beaux imprimés, des manuscrits... ». Grégoire Maisonneuve / BULAC. ​

Marine Defosse : « Ils ont pu découvrir des ouvrages rares. J’avais choisi des documents avec des reliures un peu particulières, de beaux imprimés, des manuscrits... ». Grégoire Maisonneuve / BULAC.

CM Les étudiants ont-ils pu découvrir les aspects rares et précieux de ces documents ?

MDOui, j’avais choisi des documents avec des reliures un peu particulières, de beaux imprimés et un manuscrit qui à première vue semblait dans un mauvais état, mais qui en réalité était un très beau manuscrit, chargé d'enluminures, d'illustrations, avec même des petites astuces pour conserver les illustrations à travers les siècles [cf en bas de page]. C’était une nouvelle approche, pour eux, de considérer le livre en soi et plus seulement son contenu intellectuel. 

NC Les étudiants ont découvert que le conservateur a un regard très particulier sur l'ouvrage, qui n'est pas celui du simple lecteur. Marine parlait d'ex-libris, de ce qui fait sens pour un conservateur, des indices auxquels il s’attache, les encres, le papier, etc. Les étudiants étaient ravis de découvrir le livre d’une façon différente.

CMQuelles ont été les autres thématiques de vos différentes collaborations ?

NCEn avril 2016, un grand auteur kényan, Ken Walibora, invité par la section swahili, avait pu bénéficier d’une présentation et d'une visite guidée des collections de la BULAC. Marine avait sorti des traductions du swahili qui soulevaient des questions intéressantes. Pourquoi l'Union soviétique avait-elle traduit du swahili vers le russe et fait traduire ses chefs-d’œuvre en swahili ? Quelle est la place de la traduction dans les relations diplomatiques ? Puis, en 2017, j’ai profité de la venue de Wangui wa Goro au Festival de la traduction littéraire vo-vf pour proposer aux étudiants de travailler de façon très concrète avec cette grande figure de la traduction en Afrique. À cette occasion, Marine avait proposé une présentation des collections Afrique centrée sur la traduction. 

MD J'avais choisi des exemples de traductions de langues occidentales vers une langue africaine ou d'une langue africaine vers une langue occidentale ou vers d'autres langues. Il y a par exemple dans les collections du domaine Afrique des traductions de l'arabe ou du chinois. En restant toujours sur cette thématique de la traduction : qui traduit-on ? Pourquoi ? Est-ce que cela correspond à une période particulière de l'histoire des pays ? Et puis, en arrière-plan, peut-on distinguer des questions linguistiques, politiques, un engagement des auteurs ? Ces ateliers de traduction organisés par Nathalie ont pu constituer une porte d'entrée très concrète dans les collections Afrique de la BULAC.

Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
 Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
 Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections en swahili, domaine Afrique de la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
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CMLa BULAC poursuit-elle une politique d’acquisition systématique de ces traductions littéraires 

MDOui, car la littérature constitue un des pôles d'excellence de la bibliothèque. La particularité de la BULAC est d'acheter à la fois ce qui se traduit des grands auteurs dans nos domaines linguistiques vers les langues occidentales, mais aussi l'inverse. Les langues les plus représentées dans nos collections sont les plus traduites, elles bénéficient donc du plus grand nombre de publications. Tout est lié. Dans les langues d'Afrique qui ont été standardisées relativement tôt, comme le swahili par exemple, des grammaires, des manuels, des dictionnaires mais aussi des textes littéraires ont été publiés afin de permettre leur développement et leur enseignement. Outre l'écriture d’œuvres originales dans ces langues, de nombreuses traductions sont également apparues. C'est ainsi qu'ont été traduits vers le swahili les textes d'auteurs classiques du patrimoine mondial de la littérature tels que Shakespeare, Lewis Carroll, Molière, Voltaire, Pouchkine..., tout comme des auteurs africains majeurs, tel Chinua Achebe [cf encadré]. 

CMEst-il difficile d’acquérir ces textes traduits des langues africaines vers le français dans les circuits habituels de diffusion et de distribution du livre en France ?

MDLes textes traduits vers le français sont la plupart du temps publiés en France ou sur le continent africain, par des maisons d'édition spécialisées telles que les éditions sénégalaises [cf en bas de page]. J’ai même trouvé un exemple de publications au Nigéria soutenues par la firme Total [cf en bas de page]. Ce sont des publications anecdotiques, mais elles révèlent la politique d'une époque et ce que l'on souhaitait véhiculer à travers la traduction d'un auteur vers une langue occidentale.

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CMQuelle est selon vous la valeur ajoutée de ces ateliers, comment les étudiants en tirent-ils parti ?

NCC'est très important ! On a deux types d'étudiants, ceux qui connaissent déjà très bien la bibliothèque, qui y sont dès qu'ils ont un moment de libre et ceux qui ne la connaissent pas du tout. Souvent, en littératures africaines, les étudiants ne savent pas où trouver de la matière, où trouver les livres. Je leur recommande fortement de découvrir les collections de la BULAC, pas seulement les ouvrages directement accessibles sur les rayonnages, mais aussi les ouvrages des magasins qui peuvent les orienter vers des sujets de recherche auxquels ils n'auraient pas pensé.

CMEn tant que professionnelle de la documentation, voyez-vous d'autres avantages à ce type d'ateliers 

MD Le fait d'organiser ces ateliers « livres en main », de parcourir les collections d'une façon un peu moins traditionnelle rend les choses beaucoup plus vivantes et, comme le disait Nathalie, j'espère que cela peut conduire certains étudiants à trouver des sujets de recherche. On n’a pas forcément idée de ce que contiennent les collections quand on est étudiant. Donc, on leur indique quelques pistes dont ils peuvent se saisir. C'est aussi un encouragement à en trouver d'autres par eux-mêmes.

Nathalie Carré : « Marine parlait d'ex-libris, de ce qui fait sens pour un conservateur, des indices auxquels il s’attache. Les étudiants étaient ravis de découvrir le livre d’une façon différente. ». Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections du domaine Afrique, conservées à la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections du domaine Afrique, conservées à la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections du domaine Afrique, conservées à la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Nathalie Carré et Marine Defosse : « Nous espérions que ces ateliers permettront à certains étudiants de trouver des futurs sujets de recherche ». Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections du domaine Afrique, conservées à la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Collections du domaine Afrique, conservées à la BULAC. Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Atelier, « Présentation des collections patrimoniales du domaine Afrique de la BULAC ». Grégoire Maisonneuve / BULAC.
Atelier, « Présentation des collections patrimoniales du domaine Afrique de la BULAC ». Grégoire Maisonneuve / BULAC.
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CMQu’auriez-vous envie d’ajouter sur cette collaboration entre enseignant-chercheur et responsable de fonds 

MDHistoriquement, il faut savoir que les relations entre enseignants-chercheurs et bibliothécaires, pour ce qui est des collections du domaine Afrique, existaient autrefois et ont perduré dans le temps. Preuve en est, le volume important de dons d’ouvrages issus de leurs bibliothèques personnelles faits par les enseignants-chercheurs de l'Inalco, à la BIULO puis à la BULAC, au cours de ces vingt dernières années. Mais, Nathalie, elle, est passée au cran supérieur [rires] et je l'en remercie. Car, à chaque fois que j’organise ces ateliers ou présentations, je sors du quotidien qui nous submerge, avec l’afflux permanent de nouveaux documents à intégrer, pour me replonger dans les collections et leur histoire. Et c'est pour moi aussi, l'occasion de grandes découvertes ou redécouvertes !

CMQuel bilan tirez-vous de vos différentes collaborations 

MDLe bilan est particulièrement positif. Cette collaboration vient resserrer le lien entre enseignant et bibliothécaire, démontrant qu'ils peuvent œuvrer ensemble pour le public étudiant. J'espère que ces visites leur apportent une autre vision des bibliothèques, qui ne sont pas uniquement présentes pour servir leurs besoins les plus immédiats, comme se procurer les livres qui  constituent les bibliographies transmises par les enseignants. Car nous pouvons également leur ouvrir des portes vers des recherches futures, en leur permettant d'élargir leur champ de connaissances. Quant aux interventions ponctuelles menées à l'occasion d'événements particuliers, c'est une opportunité pour le bibliothécaire de sortir de son environnement professionnel pour se confronter à d'autres milieux et d'autres publics. Car, quel que soit le type d'actions menées, cela nécessite de se replonger dans l'histoire des fonds documentaires depuis leurs origines et de trouver de nouvelles formes et de nouveaux angles d'approche pour les valoriser.

NCJ'ajouterais que Marine est vraiment compétente ! Chaque fois que nous organisons quelque chose ensemble, le travail est très professionnel. Tout est superbement bien préparé. Les retours des étudiants et de toutes les personnes qui ont visité ces collections sont tellement positifs et enthousiastes qu'il serait dommage de ne pas continuer !

Marine Defosse vous en dit plus...
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Sélection de quelques fleurons des collections du domaine Afrique : ouvrages rares et précieux, traductions et curiosités éditoriales présentés dans ses ateliers...

  • Historia africana della divisione dell' imperio degli Arabie e dell' origine, e dei progressi della monarchia de̕̕̕ Mahometani distesa per l'Africa, e per le Spagne‎, Dottor Gio. Battista Birago. Venise, 1651. Cote : Res-8-1624 : ouvrage doté d'une reliure cartonnée, en parchemin décoré, il porte la marque de l'ex-libris de D. Luigi Sylva. Publié à Venise, qui constituait un des principaux centres de production du livre à cette époque.
  • Vocabulaire et grammaire pour les langues malgaches sakalave et betsimitsara / par l’abbé Dalmond. île Bourbon : Imprimerie de Lahuppe, 1842. Cote : Res Mon 16 888 : exemple d’imprimerie dans les îles de l’Océan indien occidental : les débuts de l’imprimerie à Bourbon (actuelle Île de la réunion) furent plus tardifs (fin XVIIIe siècle) et plus modestes qu’à l’île de France (actuelle Île Maurice). Exemplaire issu du Don Jacques Faublée : Legs Decary fait à Jacques Faublée : présence de son ex-libris.
  • Injili ya Luka = The Gospel of St. Luke in swahili as spoken at Mombasa. Mombasa, 1894. Cote : Res Mon 8 6279 :
    texte en swahili, en écriture ajami. Publié au Kenya à la fin du XIXe siècle, alors que le swahili n’était pas encore standardisé et latinisé.
  • Manuel de la langue djerma. I. Grammaire djerma, Charles Pierre Martial Ardant du Picq. Cote : MS.AFR.2 :manuscrit original de Charles Pierre Martial Ardant du Picq (1879-1940) donné par l’auteur à la bibliothèque en 1939. Le recueil est composé d’un courrier et de 3 cahiers manuscrits.
  • Mauscrit MS.ARA.219.BIS : Doctrine de Senoussi : fragments de théologie de Senoussi, théologien arabe du XVe siècle, dont les écrits sont très populaires en Afrique subsaharienne. Écritures datant du XVIIIe siècle ou du début du XIXe siècle. Provient du Soudan français (Mali). En arabe, avec mots en dialectes soudaniens (mandingue et soninké). Présence de talismans.
     
  • Petites astuces pour conserver les illustrations à travers les siècles :
    certaines illustrations, particulièrement soignées, ont pu être conservées car elles avaient été protégées par un feuillet de papier amovible.
    MS.ARA.145 : Dala'il al-Khayrat, 1735 : ce texte religieux constitue un ouvrage de référence au Maghreb et en Afrique : il s'avère que cet exemplaire est plutôt d'origine maghrébine qu'en provenance d'Afrique subsaharienne. Aussi, je choisis désormais de présenter d'autres manuscrits dont l'origine « africaine » est incontestable. Lors du dernier atelier, j’ai sélectionné le manuscrit suivant : MS.ARA.219.BIS : Doctrine de Senoussi. Fragments de théologie de Senoussi, théologien arabe du XVe siècle, dont les écrits sont très populaires en Afrique subsaharienne. Écritures du XVIIIe siècle ou du commencement du XIXe siècle. Provient du Soudan français (Mali). En arabe, avec mots en dialectes soudaniens (mandingue et soninké). Présence de talismans.
     
  • Exemples de traductions de classiques de la littérature mondiale vers le swahili ou du swahili vers d'autres langues :
    Elisi katika nchi ya ajabu, Lewis Carroll, The Sheldon Press, London 1962. Cote : Mel.8.1623(16) : traduction en swahili de Alice au pays des merveilles. L'ouvrage contient de nombreuses illustrations et adaptations au lectorat, par exemple, la petite Alice est une enfant noire.
    Shujaa okonkwo, Chinua Achebe, East African Publishing House, Nairobi 1973. Cote : AFR.IV.1973 : traduction en swahili de Things fall apart, premier roman de Chinua Achebe, devenu un classique de la littérature africaine moderne, traduit dans plus de 40 langues. 
     
  • Exemple d'ouvrages des éditions sénégalaises : éditions des écoles nouvelles africaines du Sénégal (ÉÉNAS) qui ont contribué au développement des publications en langues nationales : La forêt aux mille démons, D. Fagunwa, EENAS, Dakar 2009. Cote : GEN.III.108411.
     
  • Curiosité éditoriale :
    ouvrage publié avec le soutien de la firme TOTAL : Le preux chasseur dans la forêt infestée de démons, D. Fagunwa, Nelson Publishers Limited in cooperation with TOTAL, Lagos, Nigeria Limited, 1989. Cote : GEN.III.43205.