Traduire les littératures lusophones d’Afrique

Organisateur(s) :BULAC

Pour explorer les littératures luso-africaines et leurs enjeux de traduction, Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues partent du cas des œuvres de trois écrivains contemporains : Mia Couto (Mozambique) traduit vers le français par Elisabeth Monteiro Rodrigues, et José Eduardo Agualusa et Ondjaki (Angola) traduits vers le français par Danielle Schramm.

Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique

Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues.

Quand : 3 octobre 2020 – 17h00 Où : Gif-sur-Yvette
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues

Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues (Grégoire Maisonneuve / BULAC).

La question des « particularismes » des langues littéraires angolaise et mozambicaine ouvrira ce dialogue afin d'interroger le phénomène récurrent de la folklorisation (couleur locale, réalisme magique...) pour tenter de le déconstruire.

Pour ce faire, les intervenantes s'intéresseront à la singularité de chacune de ces trois écritures littéraires ainsi qu'à leur dénominateur commun, la poésie, en tant que creuset des littératures luso-africaines. Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues exploreront également les influences littéraires et leur circulation d'un pays à l'autre en donnant à voir les passerelles tendues par ces trois écrivains entre les différents espaces littéraires de la lusophonie africaine et au-delà, notamment de l'Angola au Mozambique en passant par le Brésil. Mia Couto a par exemple coutume de dire que l'écrivain angolais, José Luandino Vieira, lui a « révélé la possibilité de recréer la langue portugaise ». Par ailleurs, José Eduardo Agualusa et Mia Couto sont les co-auteurs d'une œuvre commune qui compte désormais trois pièces de théâtre et un recueil de nouvelles, signés de leurs deux noms. Ondjaki de son côté, qui incarne la nouvelle et très prometteuse génération littéraire en Angola, vit actuellement à Rio de Janeiro. L'évocation de l'écriture de l'histoire telle qu'elle s'articule chez les trois auteurs permettra d'éclairer la question des enjeux actuels de traduction des littératures angolaise et mozambicaine.

(Ré)écoutez l'enregistrement de la rencontre !

Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec la traductrice Danielle Schramm

La traductrice Danielle Schramm (Juliette Pinçon / BULAC).

Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec la traductrice Elisabeth Monteiro Rodrigues

La traductrice Elisabeth Monteiro Rodrigues (Juliette Pinçon / BULAC).

Lectures en portugais et dans la traduction française de courts extraits des œuvres de ces trois auteurs choisis par les intervenantes.

José Eduardo Agulusa
José Antonio Agualusa

VO-VF 2020. José Antonio Agualusa.

José Eduardo Agualusa est né en 1960 à Huambo, en Angola. Après des études d'agronomie et de sylviculture, il s'est très vite engagé dans l'écriture et le journalisme et publie un premier roman en 1989, A Conjura. Il ouvre ainsi la voie à une nouvelle génération d'auteurs africains et revitalise la langue portugaise en s'emparant de l'histoire coloniale. Devenu persona non grata en Angola pour ses positions politiques, il vit entre Lisbonne, Rio de Janeiro et le Mozambique. Il tient une chronique dans le prestigieux quotidien brésilien O Globo.

Il est l'auteur de nombreux romans, poèmes, reportages et nouvelles, notamment le Marchand de passésLa Guerre des angesBarroco tropical, tous couronnés de succès et publiés dans plus de 25 pays. En 2007, il reçoit l'Independent Foreign Fiction Prize et en 2013 le Prix Fernando Namora. Théorie générale de l'oubli est finaliste du Man Booker Prize en 2016 et remporte le Prix international de littérature de Dublin (ex-Impac) en 2017 pour Théorie générale de l'oubli.

Mia Couto
Mia Couto

VO-VF 2020. Mia Couto.

Fils du poète portugais Fernando Couto, António Emílio Leite Couto est né au Mozambique en 1955. Défenseur de l’indépendance du pays, il s’engage aux côtés du Frelimo dans la lutte pour la libération du joug colonial portugais. Tour à tour directeur de l’agence d’information du Mozambique, de la revue Tempo, et du journal Noticias de Maputo, il se tourne vers l’écriture en 1983, en publiant le recueil de poèmes Raiz de Orvalho aux éditions de l’Association des écrivains mozambicains en 1983.

Celui qui se fait appeler dorénavant Mia Couto (en raison de son amour pour les chats), s’impose comme l’une des figures de proue de la littérature mozambicaine. Ces activités conjuguées à celles de biologiste et d’enseignant traduisent une conscience politique et sociale et alimentent nombre de ses écrits ; notamment ses chroniques qui soulignent avec une ironie constante les contradictions de la société mozambicaine. En outre, l’univers intérieur de ses œuvres puise aux racines de l’imaginaire et de la tradition orale. Il se fait ainsi le passeur d’une culture multiforme où s’enchevêtrent l’homme, les dieux, et la nature.

L’écrit prend tour à tour la forme du roman, de nouvelles, de chroniques et de poèmes déclinés dans une langue subtile, légère, novatrice, jamais dénuée d’humour, qui joue habilement avec les jeux de mots, les détournements de syntaxe, les faux et vrais proverbes et se fait l’écho de la mémoire contre l’oubli et l’acculturation. Comme Guimarães Rosa, Mia Couto invente une langue romanesque qui transforme le portugais en l’enrichissant de mots nouveaux, de néologismes qui empruntent tant aux idiomes africains qu’à la langue ibérique. Prix de la Francophonie en 2012, Prix Camões en 2013 et Prix Neustadt en 2014, Mia Couto est aujourd’hui l’un des plus grands écrivains de langue portugaise. Mia Couto est également publié aux éditions Anne-Marie Métailié.

Ondjaki
Ondjaki

VO-VF 2020. Ondjaki.

Ndalu de Almeida, Ondjaki, né à Luanda en 1977, est l’un des écrivains lusophones les plus prometteurs du continent africain. Après des études de sociologie, et un doctorat en études africaines, il publie un premier recueil de poésie, puis connaît véritablement le succès en 2003 avec un roman autobiographique intitulé Bom dia camaradas (Bonjour camarades, 2004, pour la trad. française), dans lequel l’auteur évoque son enfance dans la Luanda des années 1980. Dans son œuvre romanesque comme dans son travail de documentariste, il travaille également sur des projets cinématographiques, Ondjaki n’a de cesse d’élaborer un portrait poétique et critique de l’Angola à travers une mise en scène toujours recommencée de sa capitale. La ville de Luanda – ses coutumes, ses langues et ses traditions – est en effet le centre invariable de son univers. Ondjaki compte parmi les auteurs africains les plus salués et les plus traduits actuellement. Il a déjà reçu de nombreux prix importants, notamment en 2008, le Prix africain Grinzane du meilleur jeune écrivain, les prestigieux Prix Jabuti (jeunesse) et Prix José Saramago pour Os Transparentes en 2013. Il vit à Rio de Janeiro et figure dans le Top 39 des écrivains africains de moins de quarante ans de l’anthologie Africa 39Les Transparents est son troisième roman traduit en français.

Les livres d’Ondjaki font penser à un autre romancier lusophone, le Mozambicain Mia Couto dont l'écriture toute en nuances et en suggestions a fait de lui un modèle pour les romanciers montants. Ondjaki et Couto ont en commun une façon subtile et poétique d’utiliser la langue. Leur narration procède par évocations, métaphores et incantations. Dans la postface d’un de ses derniers romans,il est revenu longuement sur son art poétique dont le but est de créer une atmosphère plutôt que de raconter une histoire selon les conventions du roman classique.

Prix Littérature-Monde (étranger) - 2016 pour Les Transparents
Des éclopés de la vie. Une source d’eau douce, ou une fuite intarissable, s’est ouverte au premier étage d’un vieil immeuble du centre de Luanda. Les habitants s’y retrouvent pour un moment de conversation et de repos. Ce sont des gens simples qui partagent leurs vies et leurs souvenirs, ce sont des personnages surprenants et complexes qui ont des désirs, des rêves, des peines. Ils racontent leurs histoires, la guerre, et pensent à l’avenir. L’immeuble abrite aussi des journalistes, des chercheurs, des contrôleurs, tous intéressés par les richesses naturelles du pays et le développement de la grande ville africaine : pétrole ou eau potable, corruption ou bien public. Toutes ces histoires tissent la toile de fond d’une Angola en cours de transition brutale entre sa culture traditionnelle et la modernité. L’écriture d’Ondjaki, entre ironie tranquille et critique intelligente, imagination poétique et habileté narrative, emporte le lecteur séduit dans cette aventure.

Entre saudade et parlers des bidonvilles. Les Transparents est un récit de révolte et de critique sociale d'une inventivité narrative remarquable. S’il puise son matériau dans le réel, mettant en regard la corruption des puissants et la frustration des démunis, il est tout sauf un roman réaliste. C’est un roman poétique qui mêle avec brio la saudade et le parler dialectal des musseque, les bidonvilles. Le fantastique n’est pas loin : une maison qui « respire comme un être vivant », cette armée de miséreux qui erre comme autant de fantômes sur les routes de la faim de Luanda.

Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique
La librairie du Festival VO-VF 2020
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
La traductrice Danielle Schramm au Festival VO-VF 2020
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afriques
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afriques
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique.
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique.
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues
Festival VO-VF 2020. Table ronde sur les littératures lusophones d'Afrique avec les traductrices Danielle Schramm et Elisabeth Monteiro Rodrigues

Nos intervenants

Elisabeth Monteiro Rodrigues
Elisabeth Monteiro Rodrigues

Née en 1973, Elisabeth Monteiro Rodrigues vit et travaille à Gaillac (Tarn). Elle a collaboré à la revue Africultures de 1999 à 2004. Libraire à la Librairie portugaise & brésilienne de 2000 à 2015, Les Anges de l’autrice portugaise Teolinda Gersão (Autrement, 2003) marque son entrée en traduction. Elle traduit depuis 2005 l’œuvre de l’écrivain mozambicain Mia Couto (une dizaine de titres traduits parmi lesquels L’accordeur de silences, éd. Métailié, prix Afd 2012, La confession de la lionne, éd. Métailié, Le dernier vol du flamant, éd. Chandeigne, Histoires rêvérées, éd. Chandeigne). Elle traduit également des auteurs du Portugal João Ricardo Pedro, Valério Romão, Susana Moreira Marques, d’Angola Manuel Rui et la poète mozambicaine, Noémia de Sousa. Elle est lauréate du Grand Prix de traduction de la ville d’Arles 2018 pour De la famille de Valério Romão, éd. Chandeigne. En 2019, elle a bénéficié d’une résidence traduction à la Fondation Jan Michalski pour les Sables de L’empereur de Mia Couto, paru aux Editions Métailié.

Danielle Schramm
Danielle Schramm

« Je suis née il y a très longtemps à Montmorillon dans la Vienne, d’une mère poitevine et d’un père né en Argentine. Dans les années 50, mes parents émigrent au Brésil où vivent désormais mes grands-parents paternels. J’y vis jusqu’à l’âge de 17 ans, à Recife dans le l’État du Pernambuco. Je suis scolarisée dans des écoles brésiliennes, puis au Lycée français de Madrid où mes parents sont nommés. Ce préambule pour expliquer mon bilinguisme et ma bonne connaissance de l’espagnol, complétés par des études de portugais et d’espagnol à Paris III.  En 1988 je suis engagée à Télérama où je collabore entre autres au service Livres. J’en pars en 2004, comme quelques autres, à la suite du rachat du journal par Le Monde. Lors d’un reportage au Brésil en 2005 sur le Musée de l’Esclavage à São Paulo pour la revue Mouvement, je fais une rencontre essentielle, Emilio Rodrigué, vieux psychanalyste argentin établi à Salvador da Bahia, très proche du candomblé, religion afro-brésilienne, qui me propose de traduire son livre Heroina, seul roman de cet auteur d’un passionnant Freud : le siècle de la psychanalyse, paru en France chez Payot. Ce que je fais pour le même éditeur. C’est à partir de cette première traduction littéraire que je prends conscience de l’immense plaisir que j’ai à traduire. Une passion, peut-on dire, étayée par l’expérience acquise au cours des années de journalisme et qui ne cesse de me transporter. »

Marine Defosse
Agent BULAC

Responsable adjointe du pôle Développement des collections, chef de l'équipe AMOMAC et chargée de collections pour le domaine Afrique

Clotilde Monteiro
Agent BULAC

Responsable de la mission Communication institutionnelle de la BULAC