Le pastoralisme, entendu comme une forme d’élevage extensif reposant sur l’exploitation saisonnière des parcours en fonction de la disponibilité des ressources herbagères, constitue un moyen de subsistance essentiel pour des millions de personnes à travers le monde. Il s’inscrit dans des configurations à la fois géographiques, sociales et politiques, comme en témoignent les nombreux travaux en sciences humaines et sociales qui lui sont consacrés. Son importance archéologique en tant que pratique millénaire, les territoires circulatoires qu’il mobilise notamment à travers la mobilité parfois complexe de ses acteurs (circulation des hommes et des troupeaux, mais aussi des minerais, des outils et des savoirs qui accompagnent les bergers), son impact sur les paysages et sur les relations entre humains et animaux, ou encore sa capacité de résilience face aux mutations et aux phénomènes globaux contemporains, l’ensemble de ces aspects invitent à considérer le pastoralisme comme une thématique majeure, loin de se réduire à une image bucolique et folklorisée d’un berger figé hors du temps.
Les photographies présentées dans cette exposition, réalisées entre 2005 et 2021 par l’anthropologue lors de voyages personnels, de recherches universitaires et de missions scientifiques, archéologiques et ethnographiques, interrogent l’identité bergère et nomade, les formes d’habitat, les expériences de vie et de mobilité, ainsi que la dimension politique des territoires pastoraux de ces régions. Elles proposent une lecture contemporaine de la migration pastorale, en inscrivant ces pratiques au cœur de ce que le chercheur qualifie de géopolitique du mouton.