Chargée de collections pour le domaine russe, auparavant conservatrice à la bibliothèque du Musée littéraire A. S. Pouchkine de Saint-Pétersbourg.
Les commissaires vous proposent une visite guidée autour de cette exposition, témoignage de l'inventivité des éditeurs russes, depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui.
Ils éclaireront le visiteur sur l'histoire du tamizdat (littéralement « publié là-bas », en russe) et la manière dont l'édition russe a sans cesse traversé les frontières et usé de ruses pour déjouer la censure.
Illustration d'A. Manuïlov en couverture de la traduction russe de l'ouvrage de Yasha Klotz, Tamizdat : contraband Russian literature in the Cold War era (2023), publiée à Moscou en 2024 par les éditions Novoe Literaturnoe Obozrenie. Collections de la BULAC.
Les panneaux indicateurs sur la borne frontalière indiquent les principaux centres de l'édition en tamizdat (Francfort, Paris, New-York, Ann Arbor) et leur distance avec la Russie.
Depuis le milieu du XIXe siècle, imprimer hors des frontières est une ruse de l’édition russe pour déjouer la censure. Cette circulation en tous sens des textes interdits à travers les frontières maintient une presse et une création littéraires libres et alimente des circuits parallèles ou clandestins de diffusion de ces publications à l’intérieur de la Russie. Fausses adresses et pseudonymes marquent ces pratiques éditoriales qui retrouvent leur actualité depuis 2022, l’invasion de l’Ukraine s’accompagnant d’une censure acérée.
L’exposition propose un panorama de ces circulations éditoriales à travers les frontières et de leurs mouvements de balancier historiques, depuis Herzen, en passant par la vague de la dissidence soviétique, jusqu’à leur effervescence contemporaine.
Chargée de collections pour le domaine russe, auparavant conservatrice à la bibliothèque du Musée littéraire A. S. Pouchkine de Saint-Pétersbourg.
Benjamin Guichard est conservateur en chef des bibliothèques, directeur scientifique de la BULAC depuis 2015.